Méditation pleine conscience : cours et présentation de la technique

La méditation pleine conscience n’est pas une mode : cette pratique a été mise en place il y a très longtemps et si son enseignement nous parvient, c’est bien qu’il a été entretenu à travers les siècles. C’est le nombre de personnes qui la pratiquent qui varie d’une époque à une autre. Est-ce que ce nombre est significatif de l’état dans lequel se trouve la société ? On pourrait le penser si on considère que la méditation est seulement une technique pour guérir les maux humains. Mais elle est aussi (et surtout) un moyen d’atteindre les sommets de la condition humaine.

Je vous propose des séances individuelles ou collectives de méditation, progressives, pour aborder la discipline en toute confiance.
N’hésitez pas à me contacter pour en savoir plus !

Les buts de la méditation pleine conscience

méditation pleine consciencePartout dans les medias, les bienfaits de cette pratique sont vantés : baisse du stress, amélioration des états dépressifs, amélioration des performances intellectuelles, pour n’en citer que quelques-uns. Peut-être y avez-vous penser pour atteindre un de ces objectifs ?

Si c’est le cas, je crois sincèrement qu’il y a des moyens plus simples d’atteindre ces buts. Dans les cas que je viens d’énoncer, se lancer dans la méditation revient à apprendre à piloter un avion pour effectuer le trajet quotidien domicile-travail, alors qu’apprendre à conduire une voiture suffirait largement. Vous me suivez ?

La simple mobilisation du corps par l’exercice physique régulier (a minima 20 mn tous les jours, « on n’a rien sans rien » comme dit le proverbe !) permet de diminuer le stress et même d’améliorer les états dépressifs. Quant à l’amélioration des performances intellectuelles, des exercices spécifiques du cerveau y arriveront également très bien.

La méditation pleine conscience est avant tout une méthode d’introspection conçue dans des temps très lointains. Plutôt qu’un moyen pour résoudre les problèmes quotidiens (résolution qui peut toutefois se produire), c’est une technique pour se connaître soi-même.
À quoi cela peut-il servir de mieux se connaître ? À soigner son âme, à comprendre ce qui ne fonctionne pas dans notre vie, à découvrir ce quelque chose qui semble manquer mais sans qu’on sache clairement quoi, à éclairer notre insatisfaction, à identifier ce je ne sais quoi qui fait qu’on ne vous sent pas serein, etc.

Pourquoi ça marche ?

S’intéresser à cette pratique et la mettre en oeuvre, c’est se placer dans une dynamique positive et s’inscrire dans un cercle vertueux. C’est pour beaucoup de personnes l’occasion de changer de façon de vivre et de se tourner vers des logiques toutes nouvelles, d’apaisement, de prise de recul, d’attention à soi.

Pour nombre d’entre nous, notre culture et notre éducation nous portent vers la performance à tout prix, l’oubli de soi au profit des objectifs. La démarche de la méditation pleine conscience permet de franchir un pas vers notre intériorité et ouvre les portes d’une amélioration du quotidien.
C’est d’abord prendre du temps pour soi (même si au début, ça n’est pas beaucoup, car le cheminement est forcément progressif), pour s’observer et comprendre comment fonctionnent nos pensées.

Dans une perspective de petits pas, sans considérer le but, le cheminement induit par la méditation est bénéfique en soi. L’important est dans le chemin et non pas dans le bout du chemin.

L’engagement, préalable indispensable

méditation pleine conscienceLe cerveau humain est ainsi fait qu’il cherche des réponses simples à des problèmes dont la source n’est pas toujours immédiatement identifiable et compréhensible. Nous ne considérons pas assez la complexité du monde dont nous sommes issu et que nous continuons à alimenter malgré le fait que ce ne soit pas forcément bon pour nous. Et tant que la source du problème n’est pas identifiée, la vie continue d’être chaotique ou insatisfaisante.

La méditation pleine conscience n’a rien d’une solution miracle à même de résoudre rapidement les problèmes existentiels. Mais il est certain qu’elle amène à prendre conscience de beaucoup de choses que nous avions résolu d’enterrer ou d’ignorer. C’est donc une première étape de vous demander si vous êtes prêt pour cela.
Mais soyez également confiant et sans crainte. Le processus se fera pour le meilleur de vous-même et de vos proches.

Fort de cette confiance, vous vous engagez vis-à-vis de vous-même, dans une voie de progression.

De la nuance !

Il y aura des difficultés et vous devrez persévérer , même si vous n’avez pas l’impression de progresser.
Oui, la méditation pleine conscience requiert de l’effort au sens où l’on « s’efforce de », et notamment de réunir les conditions favorables au développement de la pratique.

Car ce n’est pas non plus parce que vous avez décidé de suivre cette méthode, que vous avez lu qu’il faut persévérer et persister dans la pratique, qu’il vous faut le faire contre vents et marées.
Imaginons que vous soyez face à une impossibilité à dégager du temps dans votre emploi du temps. Alors, vous vous dites qu’il faut créer du temps nouveau, par exemple, en vous levant plus tôt le matin. Finalement, cette démarche qui semble positive pourra faire plus de mal que de bien, en créant un déséquilibre du cycle de sommeil, et petit à petit, parce que vous persistez, en déstructurant votre personnalité, en vous rendant sur-émotif, irritable, etc.

Accepter l’improductivité

Il vous faudra donc plus probablement renoncer à quelque chose. Ce renoncement sera significatif en soi de votre capacité à vous engager dans cette voie nouvelle et pleine d’agréables surprises.
Si toutefois, vos proches ont besoin de vous et qu’il vous est réellement impossible de vous engager dans les circonstances du moment, sachez en tenir compte et réexaminez votre situation plus tard quand elle aura évoluée.

Pour beaucoup, la première difficulté sera de se poser là, sans rien faire. Certains pourront trouver une ruse en se convaincant d’avance de leurs progrès et des buts qu’ils vont atteindre.
Mais raisonner ainsi n’est pas dans l’esprit de la démarche et risque de nourrir l’échec en fixant des objectifs alors même que la méditation pleine conscience est un monde où, comme nous l’avons vu plus haut, les objectifs disparaissent.

Concrètement, la méditation pleine conscience, ça consiste en quoi ?

méditation pleine conscienceC’est un état qui nous tombe dessus !
Ce propos pourra paraître tout à fait incongru à toute personne ne s’étant encore jamais confrontée aux cultures asiatiques. Je ne dis toutefois pas « un état qui vous tombe dessus sans que vous vous y attendiez », car le plus « gros » du travail consiste justement à se préparer à recevoir cet état, qui n’arrivera pas forcément et à tous les coups, il faut faire avec. Louis Pasteur est réputé avoir dit que « le hasard ne favorise que les esprits préparés« .

Il nous est tous arrivé de nous sentir dans un profond état de bien-être face à un paysage particulièrement harmonieux. Cela s’est produit sans que nous nous y attendions et contre toute attente, nous ne parvenons pas à reproduire cet état sur commande, en nous replaçant face au même paysage.
La méditation pleine conscience vise à recueillir le plus possible de semblables moments, de favoriser leur répétition. Ce sont des moments sur lesquels il est difficile de mettre des mots car chacun d’entre nous a une culture et une expérience différentes. Mais il est au moins possible de dire que dans un état méditatif, la personne se trouve dans un état où elle oublie sa propre personne, où l’instant présent semble infini, où sa conscience est élargie et la fait se sentir en symbiose avec le monde qui l’entoure.

La concentration comme préalable ou la pleine conscience versus l’inconscient

Dans « méditation pleine conscience », il y a « pleine conscience ». Voyons plus précisément ce que veut dire cette expression.
Au quotidien, dans la plupart de nos actions, le monde à gérer autour de nous est complexe et très sollicitant. Et nous accusons souvent ce monde de la plupart de nos maux. Or, la méthode a été structurée en des temps très anciens, alors que le monde était bien différent. Pourtant, les bases de psychologie sur lesquelles la méthode se base sont les mêmes que celles de la psychologie contemporaine. On arrive donc aisément à la conclusion que ce qui pose problème c’est l’homme lui-même, et plus encore son esprit, et non pas l’environnement qui l’entoure.
Il est vrai que les affiches publicitaires, la musique d’ambiance, les smartphones, les néons, etc. sont des choses modernes qui tentent de capter en permanence notre attention. Mais de tout temps, il y aussi eu le regard des autres, la jalousie, les paroles assassines des proches… assez pour compromettre notre sérénité.

Les neurosciences s’intéressent de près à la façon dont fonctionne notre cerveau. Nous savons maintenant qu’il est partagé entre tâches conscientes et inconscientes. Certains scientifiques estiment ainsi jusqu’à 90 % le pourcentage d’événements que nous traitons de façon inconsciente. Le documentaire de 43 mn, anciennement diffusé sur Arte, pose clairement la façon dont nous fonctionnons : Le cerveau et ses automatismes, le pouvoir de l’inconscient.

La méditation pleine conscience vise donc à rassembler le plus possible notre être dans un moment présent pleinement conscient. Pour cela, il faut se mettre en situation où notre inconscient ne sera pas sollicité : d’où la nécessité de s’installer dans un endroit et dans des conditions où le maximum de nos besoins est satisfait.

L’intuition de l’instant

Gaston Bachelard a écrit un ouvrage très joliment titré L’intuition de l’instant. Sa réflexion se révélera d’une grande richesse pour étoffer votre approche. L’université du Québec à Chicoutimi nous permet de disposer gratuitement du texte en ligne à cette adresse.

La réflexion sur l’instant présent passe par une réflexion sur le passé et l’avenir, afin de comprendre comment ces temporalités s’organisent les unes par rapport aux autres, et comment seul le fugace instant présent est vérité. Bachelard explique notamment la façon dont le passé revêt le poids de la réalité par le simple fait que nous lui donnons de la force. Quant à l’avenir, il n’est que prévisions. L’auteur montre que passé et avenir ne sont finalement que des habitudes.

Le philosophe voit la méditation du temps comme tâche préliminaire à toute métaphysique (recherche, étude et compréhension d’une transcendance).
Je cite ici deux phrases qui vous inciteront probablement à vous plonger dans ce texte.
Si mon être ne prend conscience de soi que dans l’instant présent, comment ne pas voir que l’instant présent est le seul domaine où la réalité s’éprouve ?
Le repos de l’être, c’est déjà le néant.

La pratique du yoga traditionnel favorise l’intuition de l’instant par la pratique de la pause / suspension respiratoire dans la posture. Le yoga en général est une pratique de préparation du mental à la méditation, en favorisant notamment le positionnement du pratiquant en tant que spectateur du monde et de lui-même, et non en tant qu’acteur.

Gaston Bachelard insiste sur la nécessité de persévérer dans la pratique : « Une intuition ne se prouve pas, elle s’expérimente. Et elle s’expérimente en multipliant ou même en modifiant les conditions de son usage ».

Pour essayer

Se fondre dans le bleu du ciel. Un jour de beau temps, installez-vous sur le dos dans un endroit frais vous laissant une vue bien dégagée sur le ciel. Pendant 10 mn, laissez le bleu vous absorber tout entier jusqu’à vous fondre dans l’infini. Si des nuages passent dans le ciel, n’immobilisez pas votre esprit sur l’un d’eux et laissez-les passer leur chemin comme pourrait le faire toute pensée venant à votre esprit. Cet exercice rappelle étrangement ce dont nous sommes capable enfant, lorsque nous nous ennuyions, n’est-ce pas ?

Le voyage intérieur peut souvent commencer par observer notre propre respiration. Cela permet déjà de prendre conscience de la vie qui nous traverse et de constater ce que cela provoque en nous. Vous adoptez une position assise confortable, le dos redressé, sans tension. Il vaut mieux éviter de faire cet exercice sur le dos car il est probable que l’endormissement se produirait à plus ou moins brève échéance. Les yeux fermés, vous vous concentrez sur le va-et-vient du souffle à l’entrée des narines. Pendant 10 à 15 mn, vous observez le rythme, la différence de température entre l’air qui entre dans les narines et l’air qui en sort. Petit à petit, la concentration peut se déplacer sur les mouvements du ventre puis sur les battements du cœur. Régulièrement, vérifiez du mental que vos mâchoires ne sont pas serrées ou crispées et que le dos ou les épaules ne s’affaissent pas. La difficulté est de rester concentré sur la respiration, sans que cette concentration soit troublée par des pensées diverses et variées que notre esprit se fait un plaisir de nous proposer.

Les tâches quotidiennes peuvent donner lieu à autant de situations de méditation de pleine conscience : manger un plat absorbé sa dégustation, faire la vaisselle, passer l’aspirateur, marcher. Le but de l’exercice est de ne se concentrer que sur l’action en cours, sans distraction, en l’observant sous toutes ses faces et en se concentrant sur les sensations en lien avec l’action : sensations tactiles, odeurs, couleurs, ombres, lignes et tout ce qui apparaît à la vue, sons et goûts.

Méditation pleine conscience au volant

Comme la méditation pleine conscience consiste à réaliser une action en portant toute sa concentration dans cette action, il n’y a aucune raison pour que la méditation ne puisse pas se faire en conduisant. La sécurité ne sera pas compromise, bien au contraire : les accidents ont lieu souvent pour cause d’inattention, de distraction ou de somnolence.

La preuve de cette possibilité est à mon sens incarnée par Ayrton Senna: ce jeune homme était entièrement dans sa course. Il était connu pour sa ferveur, certes répandue au Brésil, mais qu’il reliait pleinement à sa conduite. Il a ainsi déclaré avoir « ressenti la présence de Dieu dans la voiture. Comme une communion entre moi et l’auto, créant une sorte de symbiose, une fusion ».

Il ne faut toutefois pas se méprendre : la méditation n’est en aucun cas liée à une quelconque religion ou croyance. La méditation augmente notre attention à tout ce qui nous entoure, ainsi que la perception de nombreuses choses qui nous échappaient jusqu’alors. Chacun est libre de donner le nom qu’il souhaite à ce qu’il découvre et à ce qu’il ressent.

La possibilité d’une expérience dense

Méditation pleine conscience est un terme parmi d’autres. Il y a la méditation avant tout. Les qualificatifs qui viennent ensuite concernent davantage des personnes mues par une quête spirituelle de très haut niveau. Les bases des différentes techniques sont les mêmes.

Pour finir, j’évoquerai ici une technique un peu à part par sa densité et le contexte dans lequel elle est enseignée. Il s’agit d’une méthode de méditation bouddhiste dont l’enseignement se perpétue conformément à la tradition dans le monde entier. Un film de 53 mn présente sa mise en œuvre dans l’univers carcéral indien : Doing time, doing Vipassana. Il est possible d’apprendre cette technique en France.

Les Français sont particulièrement sensibles aux dérives sectaires. Nous avons en effet une organisation gouvernementale en charge de ce type de dérives. Aussi, dès que l’accès à une structure ou à une pratique est gratuit, la méfiance s’éveille. En ce qui concerne le centre bouddhiste Dhamma Mahi situé dans l’Yonne qui dispense l’enseignement de cette méditation, aucune crainte à avoir. Ce n’est pas une secte qui en veut à votre argent et vous harcèlera après que vous soyez venu une première fois pour que vous reveniez au plus vite.

La gratuité des cours relève de la tradition et le fonctionnement est celui que connaissent des pays comme l’Inde : les dépenses sont couvertes par des dons, de la part de ceux qui ont participé et souhaitent que d’autres personnes bénéficient de cet enseignement, ou d’autres personnes qui soutiennent l’initiative. Je fais juste une parenthèse pour évoquer le fait que le don n’est pas dans la seule culture des pays orientaux. Les pays anglo-saxons intègrent également davantage la logique du don dans leur façon de vivre.

Les conditions pour accéder à cette formation

Soyons clair : la formation est ouverte au plus grand nombre mais tout le monde ne peut pas vivre cette expérience. Le discours du centre est précis et il est nécessaire de le lire avec attention. Il ne faut notamment faire l’objet d’aucun trouble mental. La formation dure 10 jours. Les listes d’attente peuvent être longues. Il semble donc évident et respectueux d’autrui de s’engager à aller jusqu’au bout de la période (et donc prêt à aller jusqu’au bout de soi), sans quoi la personne aura pris la place de quelqu’un d’autre à qui cela aurait été bénéfique.

Cette méditation s’appelle Vipassana : c’est une technique pour voir les choses telles qu’elles sont réellement. Cette technique éradique la souffrance, en référence à l’enseignement du Bouddha (ce n’est évidemment en aucun cas un discours qui présente une méthode de guérison miracle). Il ne faut pas prendre la formation à la légère, ni la prendre comme un défi à se lancer à soi pour savoir de quoi on est capable. Ces 10 jours vous remuent en profondeur. Car cette méthode conduit à se retrouver tout nu, sans son ego. Ne vous inquiétez pas, vous le retrouverez à la sortie !

Un autre univers

Certaines personnes ont été surprises de l’atmosphère du centre, s’attendant à un accueil plus chaleureux. Le centre est conçu pour délivrer tel quel un enseignement qui a fait ses preuves : il s’agit d’accueillir les étudiants (puisque les personnes souhaitant apprendre la technique sont désignées ainsi) dans un contexte quasi monacal et non d’offrir un service ou une expérience touristique.
La culture orientale de référence est loin de nos codes occidentaux et offre aussi à ce niveau une forme de dépaysement qui peut heurter. Les soirées sont occupées à la lecture des textes du fondateurs. Certains s’émeuvent qu’il n’y ait pas de place à la discussion. Ce n’est pas le lieu ni le propos. Là encore, il faut comprendre l’ensemble du processus, la logique qui préside, et l’accepter en bloc tel quel ou y renoncer.

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