Tenté(e) par une cure ayurvédique au Kerala ?

L’approche ayurvédique se développe. L’offre de cure ayurvédique s’étoffe en France mais son berceau est l’Inde et plus particulièrement l’État du Kerala.

Une cure ayurvédique au Kerala ?

Une des cliniques de l'Arya Vaidya Sala
Crédit Arya Vaidya Sala

De nombreuses cures ayurvédiques sont proposées dans l’État du Kerala. En effet, le centre de santé Arya Vaidya Sala est à l’origine de ce développement. Il a été créé à Kottakkal en 1902 par le médecin et philanthrope, Vaidyaratnam P.S. Varier.

C’était au départ une simple clinique de village qui n’a cessé de croître depuis, comptant aujourd’hui des hôpitaux ayurvédiques à Kottakkal, Delhi et Kochi, et trois unités de fabrication de médicaments “modernes”, répondant aux critères de qualité actuels. L’organisation développe des activités de recherche, publie des périodiques et des livres ayurvédiques, cultive des plantes médicinales et organise des programmes éducatifs.

L’offre de cure ayurvédique est large et s’étend à toute l’Inde. Mais l’approche ayurvédique au Kerala se distingue légèrement du reste de l’Inde par deux points :

  • Le texte Ashtangahridayam de Vagbhata est la première référence bibliographique,
  • La formulation des différents onguents utilisés est exclusivement à base de plantes, écartant l’emploi problématique des métaux et des minéraux.

La cure ayurvédique est une activité encadrée

Au Kerala, la croissance de l’activité touristique liée à l’ayurveda a réellement débuté en 1994. Ensuite, en 5 ans, entre 1999 et 2004, les cliniques ayurvédiques se sont particulièrement multipliées, au point que la part de ces activités atteint environ 30 % de l’ensemble de l’activité touristique de l’État (chiffres de 2004).

Environnement salubre du Kerala
Crédit Nandhu Kumar

Ce développement est d’autant bien accueilli qu’il permet de lisser l’activité touristique sur toute l’année. Avant, la période de la mousson (de juin à octobre) représentait un creux d’activité. Or, la mousson, créant une atmosphère de grand lessivage de l’environnement concerné, apparaît comme une période particulièrement propice pour entreprendre une cure. La situation géographique du Kerala crée un climat favorable à l’organisme, rendant les traitements de purification externes plus efficaces. Le taux d’humidité élevé contribue à ouvrir les pores du corps, augmentant ainsi l’absorption des huiles médicinales employées pour le massage, ce qui améliore aussi l’efficacité des traitements.

La direction du tourisme du Kerala, consciente de la fragilisation potentielle de cette activité par les abus éventuels nuisibles à terme, a décidé de créer un système d’autorisation d’exercer et a mis en place une classification des cliniques.
En complément, il peut être utile de consulter les avis laissés sur Internet. Cet exemple montre que certaines petites cliniques, dont l’environnement épuré et le confort sommaire permettent de pratiquer des tarifs abordables à tous, peuvent éprouver des difficultés à absorber les pics de fréquentation touristique, malgré une bonne qualité et d’hygiène au départ.
L’orientation vers une institution plus ou moins luxueuse relève de ses aspirations et de son budget personnel, certains pouvant associer, par exemple, épure du cadre et authenticité.

Le Kerala est une véritable carte postale vivante

Pour un aperçu en images, vous pouvez visionner l’émission dédiée Échappées Belles.

Culture du Kerala
Crédit Godwin Angeline Benjo

Le Kerala présente aujourd’hui une belle synthèse de ce que l’Inde a de meilleur à offrir, entre tradition et modernité.
Le bassin aquatique du Kerala est un paysage unique, constitué par un réseau de 40 fleuves, offre un maillage de lacs, de canaux appelés backwaters, et d’estuaires où passaient les cargaisons d’épices destinées à l’exportation vers l’Europe.
L’histoire politique de l’État a freiné l’industrialisation et a ainsi préservé la culture locale.
La vie sociale y est globalement égalitaire et offre un environnement social paisible, la pauvreté n’y est pas visible et presqu’aucune violation des droits de l’homme n’est à déplorer : les lieux ont donc tout pour plaire à l’Occidental sensible qui cherche le dépaysement sans le choc éthique.

Mais il reste que tout voyage en Inde reste un choc culturel. La vie s’y déroule avec une épaisseur spirituelle qui secoue.
Pour s’y préparer (en partie), rien ne vaut la lecture de Parias de Pascal Brückner.
Même si l’Inde s’est développée depuis la parution du roman en 1997, le livre conserve sa capacité à nous plonger dans les paradoxes de ce fascinant pays.

La cure ayurvédique et une immersion culturelle

Cuisine du Kerala
Crédit Agnieszka Kowalczyk

La cuisine locale est cohérente avec l’approche ayurvédique. L’idli (bouillie de riz) et le dosa (crêpe à base de farine de lentilles) sont notamment très appréciés des touristes. L’usage de la noix de coco adoucit de nombreux plats, les rendant plus acceptables aux palais occidentaux.
Le Kerala possède son art dramatique, le kathakali, sa danse traditionnelle, le mohiniyattom, et son art martial, le kalarippayat. La légende raconte que le père du kalarippayat serait le seigneur Parasurama, arrivé au Kerala par la mer. Cet art est l’ancêtre de tous les arts martiaux orientaux connus comme les célèbres karaté et kung fu. Il fut extrêmement populaire entre le XIIe siècle et le XVIe siècle, puis fut délaissé pendant la période coloniale, avant de renaître après l’indépendance sous l’impulsion de grands maîtres. Le CVN Kalari Nadakavu est l’un des centres les plus anciens, fondé en 1945.

Faire le choix d’une cure ayurvédique

Éléments d'une cure ayurvédique
Crédit Arya Vaidya Sala

Cette approche est parfaite en préventif. La compréhension fine des mécanismes de l’être humain sont la source du diagnostic des perturbations psychosomatiques. L’hygiène de vie et l’hygiène mentale sont incontournables. Il est impensable de mener une vie dissolue (du point de vue de l’ayurveda) pour se tourner ensuite vers cette pratique afin de résoudre des désordres et des problèmes que nous avons laissés s’installer par facilité.
Pour le curatif, il faut rester prudent. Le médecin ayurvédique Vasant Dattatray Lad, professeur et directeur de l’Institut ayurvédique d’Albuquerque, au Nouveau-Mexique insiste sur les indications de l’ayurveda et de la marmathérapie et précise les cas où il faut se tourner vers la médecine occidentale.

Tout n’est pas à jeter dans notre médecine : elle sauve chaque jour de nombreuses vies.
Reste qu’elle a sûrement beaucoup à apprendre de l’ayurveda pour continuer son évolution et parvenir à une maturité profitable à tous, à l’image de la démarche du cancérologue Thomas Tursz, directeur de l’Institut Gustave Roussy à Villejuif, se rend au Kerala pour confronter à sa propre science à l’approche ayruvédique (voir le documentaire d’Arte).

Nous devons aussi probablement perdre l’habitude de nous tourner vers des remèdes immédiats, des anti-douleurs et autres, dès que quelque chose ne va pas, quand l’adoption d’une discipline de vie pourrait résoudre une grande partie de nos troubles. Notre indépendance et notre autonomie sont à ce prix.
La cure ayurvédique au Kerala ne doit pas se transformer en un ersatz exotique de la médecine occidentale où nous chercherions finalement à l’extérieur de nous la solution. Une cure peut être le début du chemin, pour débloquer, assainir le terrain et partir sur de bonnes bases, mais ça ne peut être en aucun cas le but.

Besoin d’être accompagné(e) ?

J’accompagne les personnes souhaitant bénéficier d’une cure ayurvédique. N’hésitez pas à vous renseigner !