Développer sa posture éducative

Lorsque les difficultés relationnelles avec les enfants s’accumulent (j’exclue les situations de pathologie ou de souffrance grave et profonde), les parents finissent par se demander ce qu’ils ne font pas comme il faut.
Les solutions présentées dans l’abondante littérature consacrée à l’éducation sont nombreuses. Souvent, l’auteur a expérimenté une solution qui a fonctionné pour lui et, fort de son succès dans la résolution de ses problèmes, souhaite partager son expérience.

Mais il n’est pas du tout sûr que la solution de l’auteur corresponde aux problématiques de votre famille. Vous ne savez pas si votre histoire familiale et votre personnalité sont proches de celle l’auteur que vous lisez, ou que la personnalité de vos enfants est proche de celles des enfants de l’auteur. Cela fait beaucoup de points d’interrogation pour évaluer l’efficacité d’une méthode.

En amont de l’application d’une quelconque méthode, il faut un cheminement personnel. Il est fort possible que ce cheminement lui-même vous apportera la solution que vous cherchiez à l’extérieur. Je pose ici une voie de questionnement personnel, à partir de laquelle vous pourrez développer votre posture éducative et apporter à vos enfants ce dont ils ont besoin.

Prendre du recul par rapport aux attentes sociétales

Développer sa posture éducativeIl est rafraîchissant de prendre du recul par rapport au contexte dans lequel nous évoluons et de regarder du côté de l’histoire de la famille.
On apprend par exemple que des spécialistes considèrent l’adolescence comme un phénomène récent (apparu au 19e siècle) et propre aux sociétés occidentales. Une prise de recul historique nous montre également que l‘amour maternel n’a pas toujours été ce qu’il est aujourd’hui.
Toutefois, il semble qu’il n’y a qu’un seul phénomène constant et universel qui marque le passage de l’état d’enfant à celui d’adulte : c’est la puberté, dont l’âge de déclenchement varie en fonction du milieu et de l’alimentation.

Saviez-vous qu’au 17e siècle, les enfants de la haute noblesse et des couches les plus modestes étaient placés en apprentissage auprès des adultes dès l’âge de 9 ou 10 ans, et qu’on trouvait à cet époque des capitaines de 14 ans et des docteurs en droit de 18 ans ?
Il faut certes replacer ces données dans leur contexte historique mais elles interrogent également sur nos rapports contemporains aux jeunes.

Quelles sont alors les caractéristiques de notre société qui favoriseraient les situations familiales explosives que nous connaissons ? Des réponse se trouvent dans la structure de la société actuelle mais aussi au fond de nous-mêmes, et notamment au cœur de notre désir d’enfant.

Les acteurs de la pièce familiale

D’un côté, nous avons des parents dont le rôle est d’éduquer et de l’autre, des êtres en quête d’autonomie (nous passons ici sur l’ensemble des acteurs qui gravitent autour de vos enfants et de vous-mêmes : famille élargie, acteurs scolaires, péri-scolaires, associatifs, camarades qui jouent aussi un rôle, pouvant conduire, compte tenu du temps que nos enfants passent avec eux, à interroger l’usage du possessif dans la formule « nos enfants »).

Les enfants connaissent intuitivement leurs parents : ce sont des observateurs attentifs et passionnés. Voilà pourquoi ils savent si bien (même si pas volontairement et consciemment) mettre le doigt sur les failles de leurs parents.

Mais vous-mêmes, êtes-vous conscients de vos failles ? Quel est votre attitude par rapport à cela ? Êtes-vous dans une dynamique d’amélioration ? Quant à vos enfants, les connaissez-vous tels qu’ils sont vraiment ou tels que vous les espérez, voire rêvez ? Vous souvenez-vous de l’enfant ou de l’adolescent que vous étiez ? De vos parents ? Comment cela influence-t-il votre attitude vis-à-vis de vos propres enfants ? Votre façon de voir le monde a-t-elle des points communs avec celle de vos enfants ou sont-elles difficiles à concilier ?
Et votre enfant, de quoi a-t-il besoin ? D’autonomie ? Mais à quel rythme et selon quelles modalités ?

Ainsi débute le travail d’introspection et d’analyse du parent qui cherche à développer sa posture éducative. Il faut être capable d’honnêteté vis-à-vis de soi, de se voir avec franchise, tel que l’on est. C’est le début du chemin, assez délicat.

L’action

Une fois le diagnostic de la situation posé, c’est-à-dire après avoir identifié le pourquoi des points de blocage ou de conflit, il est possible d’envisager les changements à apporter à sa façon de faire. Une autre série de questions se déroule.

Qu’est-ce que l‘éducation ? Qu’est-ce que cela signifie pour vous ? Qu’est-ce qu’une valeur à transmettre à ses enfants ? Comment construit-on un cadre éducatif à 2 (lorsqu’il y a deux parents) ? Ou bien comment trouver les ressources équivalentes à celles d’un couple lorsque l’on est seul(e) ?

Ateliers pour parents : construire sa posture de parent par le yogaDans un premier temps, au-delà du détail du contexte de la pièce et des personnalités en présence, il y a certaines règles de comportement qui nous concernent tous.

La première est d’entre elles que l’adulte doit montrer l’exemple. Un rapide coup d’œil montre que ce n’est pas souvent le cas. Par exemple, nous souhaitons que nos enfants ne soient pas « accrocs » aux technologies. Mais nous-mêmes, quel usage en faisons-nous ?

L’éducation est une formidable situation pour travailler sur nous-mêmes et progresser. Laissons nos enfants nous bousculer. Répondre à ces sollicitations demande certes une énergie que nous n’avons pas toujours.
Pour eux, pour faire face aux situations particulières auxquelles ils nous confrontent, pour nous-mêmes, pour une vie plus apaisée, nous pouvons ainsi apprendre, selon notre personnalité et ce qui nous manque, à mettre de la distance là où il est nécessaire de le faire, à développer l’agilité de l’esprit, à maîtriser le mental, à se ressourcer pour garder son énergie, à ouvrir son cœur…