L’élément eau

Présence de l’eau autour de nous et en nous

L’eau recouvre presque 71 % de la surface de la Terre, cette eau étant à 97,5 % de l’eau salée. À l’échelle de notre corps, la quantité moyenne d’eau contenue dans un organisme adulte est de 65 %. Pour les Indiens, il y a le fleuve sacré, Ganga (le Gange) qui prend sa source dans l’Himalaya et coule sur près de 3 000 km jusqu’à Calcutta. C’est surtout à Bénarès, la ville aux 2000 sanctuaires que l’on se presse pour le toucher. L’eau est aussi l’un des cinq éléments fondamentaux des médecines traditionnelles indienne et chinoise. Cette dernière l’associe aux reins et à la vessie, ainsi qu’aux glandes surrénales. Du côté du corps yogique, l’eau est reliée au feu et à la terre.

L’eau comme support de méditation

C’est aussi un support formidable de méditation, qu’elle soit fougueuse comme un torrent de montagne ou calme comme un lac, elle amène à penser le monde comme un cycle infini, depuis la goutte de pluie qui se forme dans le ciel et chemine sur la Terre jusqu’à ce qu’elle se transforme de nouveau en gaz et retourne dans le ciel. Lorsque nous sommes en relaxation, le va-et-vient de notre souffle évoque l’apaisant au flux et au reflux de l’eau sur la plage.

La contemplation de l’eau est riche d’enseignement. Le célèbre Bruce Lee enjoignait quiconque à “être comme l’eau”. Cela consiste à vider son esprit, à devenir sans forme et sans contours fixes. Là réside sans doute l’art de la souplesse mentale…

Être comme l’eau

Bruce Lee connaissait le Dao de jing, écrit autour de 600 avant notre ère et attribué à Lao Tseu. On peut notamment y lire que “l’eau est fluide, douce et sans résistance. Mais l’eau peut user la pierre, qui est rigide et peut résister. En règle générale, tout ce qui est fluide, doux et sans résistance permettra de surmonter tout ce qui est rigide et dur. C’est un paradoxe : ce qui est doux est vraiment fort. » C’est une autre façon de parler de l’”agir dans le non-agir”, un autre paradoxe célèbre du taoïsme.

L’eau est tantôt glace, liquide ou gazeuse. Pour les taoïstes, l’eau est une métaphore des qualités que nous pouvons cultiver si nous cherchons à vivre une vie paisible. Pour cela, il est nécessaire d’abandonner toute idée de contrôle et de cultiver l’art du détachement que l’on peut retrouver en yoga. Il faut abandonner ses schémas, ses certitudes, s’ouvrir à la nouveauté et cultiver la curiosité ainsi que l’humilité.

Utiliser l’eau

L’eau est intégrée à de nombreux rituels.

Iyengar préconisait une douche bien chaude pour préparer le corps à la séance de yoga matinale. On ne peut qu’inciter à mettre en place une routine douche lorsque l’on rentre d’une journée de travail, pour évacuer les tensions négatives, surtout en hiver, avant de retrouver la chaleur et la douceur du foyer.

Pour terminer, il me semble opportun d’évoquer la cérémonie japonaise du thé qui fait se côtoyer raffinement et simplicité extrême. C’est un rituel de purification et d’union à la nature. Se déroulant dans un pavillon dédié, l’accès lui-même au lieu doit favoriser un premier stade de méditation. La porte d’entrée du pavillon est volontairement très basse pour obliger les invités à se courber pour entrer, en signe d’humilité.

Sans atteindre ce niveau élevé de pratique, se préparer et déguster un thé en pleine conscience permet sans doute d’en décupler les effets positifs.