L’ennéagramme : la carte de la connaissance de soi

Pourquoi l’ennéagramme ?

Voilà presque 10 ans que j’étudie et emploie ce système d’analyse de soi. Je n’en connais aucun qui soit aussi pertinent et aussi utile pour sortir des travers qui nous empoisonnent, pour progresser vers ce que la vie à de meilleur à nous offrir, à chacun, selon la nature avec laquelle il est venu au monde.
Et surtout, je ne connais aucun système de connaissance de soi et d’outil de réalisation de soi qui colle aussi bien avec la pratique du yoga.

Aussi nombreuses soient ses qualités, l’ennéagramme ne révèlera toute son utilité que si la personne qui l’emploie nourrit une réelle et profonde volonté d’évoluer (motivée par le constat que la situation vécue n’est pas satisfaisante ?), que si elle est prête à faire les efforts nécessaires pour cela. Il paraît logique de considérer que notre vie ne peut changer que si notre rapport à la vie évolue.
Si vous avez besoin d’inspiration sur le sujet de l’évolution personnelle, je vous invite à regarder cette vidéo de 10 mn du philosophe Xavier Pavie.

Petite histoire

Les origines de l’ennéagramme restent mystérieuses.
Le schéma, tel que connu aujourd’hui, a été apporté au début du 20e siècle par le mystique arménien, George Ivanovitch Gurdjieff. Un autre mystique, bolivien cette fois, Oscar Ichazo, a développé le système en apportant des éléments psychologiques. Puis il a commencé à le diffuser au début des années 70.

Un psychiatre chilien, Claudjo Naranjo, qui avait étudié les traditions spirituelles orientales et les écoles occidentales de psychologie, a à son tour enrichi l’ennéagramme avec son savoir (travail clinique, Gestalt de Perls, l’autopsychologie de Horney). Il créa un groupe nommé SAT. Sat est un mot sanskrit qui peut être traduit par “l’essence, ce qui ne change pas”. SAT est aussi un acronyme pour Seekers After Truth (Chercheurs de Vérité, en référence au premier groupe d’élèves de Gurdjieff). Pendant ses 4 ans d’existence, le groupe s’est intéressé aux approches spirituelles orientales telles que le bouddhisme théravadain et tibétain, le soufisme, le confucianisme, etc. Ses membres, qui ont à leur tour contribué à propager le système, ont nourri leur compréhension du système de ce qu’il en ont compris et appris.

Plus récemment, deux américains, Helen Palmer et Don Riso, ont beaucoup contribué à la popularité du système, qui est beaucoup plus connu aux États-Unis que chez nous. D’ailleurs, les scénaristes américains l’utilisent depuis longtemps pour guider la construction de personnages fictifs crédibles.

De quoi parle l’ennéagramme ?

L’ennéagramme parle de nos façons d’être au monde, des valeurs qui guident nos vies, de nos vertus, de ce que nous cherchons à tout prix à éviter, de nos automatismes, de nos instincts, de nos certitudes, de nos modèles de pensée, de nos projections, de nos filtres, de tout ce qui nous sépare de la réalité telle qu’elle est…

L’ennéagramme parle aussi de ce mouvement constant (à l’image de la vie elle-même) qui ouvre les portes du changement, de la perfectibilité. Il parle de ce que nous pouvons accomplir de plus haut en tant qu’être humain.

Si jamais la hauteur vous effrayait, ne vous détournez pas ! Croyez bien que l’ennéagramme est un système qui s’utilise selon ses besoins, en fonction de son cheminement personnel. Gurdjieff insistait en effet sur le fait que notre interprétation de cette figure en 9 points, dépend de ce que nous sommes.
Ce que nous y lisons dépend de notre compréhension du territoire qu’il dessine” (Sandra Maitri).

Voici ce qui explique pourquoi, au-delà de la description archétypale qui est une base commune à tous les ouvrages publiés sur le sujet, les façons de l’utiliser peuvent varier de façon plus ou moins importante, en plaçant tel aspect du système davantage en avant.

Aussi, si l’ennéagramme parle aussi de spiritualité, il ne le fera qu’aux personnes intéressées par le sujet, cette approche mettant en avant qu’il n’y a pas de progression spirituelle sans équilibrage psychologique préalable.
L’ennéagramme parle de spiritualité au sens large, en tant que “ce qui se rapporte aux activités de l’esprit”. Le mystique s’intéresse au secret des choses quand le spirituel se concentre sur le sens des choses : ainsi toute personne spirituelle n’est pas forcément mystique !

Comment ça marche ?

En tant que système nourri par les spiritualités orientales, l’ennéagramme ouvre le chemin de l’évolution par la prise de recul sur nos propres comportements, notre nature, ce que nous en faisons et ce que nous pourrions en faire, en mesurant l’écart et en identifiant les voies de progrès.

L’ennéagramme invite à casser la vision monolithique et immuable que l’on pourrait avoir de soi, qui nous ancre dans l’idée que tout serait joué d’avance. Il ne s’agit pas de promettre monts et merveilles, mais simplement de dire que la voie est ouverte à qui veut bien pousser la porte du changement, pour se réaliser et, par conséquent, être mieux dans le monde qui nous entoure.

René de Lassus propose une méthode pour une introspection efficace dans son ouvrage paru chez Marabout en 1997 intitulé L’ennéagramme, les neuf types de personnalité :

  • s’observer, pour notamment identifier les nombreux automatismes que nous adoptons dans notre vie quotidienne ;
  • comprendre à quoi aboutissent ces automatismes et comment ils participent des micro-décisions que nous prenons chaque jour (itinéraires suivis, personnes rencontrées et évitées, tâches réalisées et reportées, etc.) : savoir si nos choix sont véritablement libres ou bien influencés ;
    accepter ces mécanismes ;
  • arrêter ces mécanismes pour permettre le changement avec pour condition de ne pas se mettre en danger soi-même et les autres ;
  • changer, pour améliorer notre quotidien et celui des autres.

Article à venir sur la présentation détaillée de l’ennéagramme.

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