Yoga et santé : des liens étroits

Le yoga est une tradition vivante. Sa pratique, loin d’être figée, évolue au rythme de l’ère du temps et des besoins des sociétés. Aujourd’hui, si l’on regarde au niveau mondial qui le pratique, le yoga est occidental et il intéresse beaucoup pour ses effets sur la santé.

Montrer patte blanche

Le yoga a des effets bénéfiques sur la santéToutes les personnes qui ont contribué à introduire le yoga en France ont compris qu’il fallait davantage insister sur ses apports au niveau de la santé plutôt que sur son rôle spirituel pour faciliter son accueil.

Shri Mahesh, disciple de swami Siddheswarananda, arrive en France dans les années 40. Il rencontre le couple Dolto et devient au fil du temps un proche de la famille. Boris Dolto et kinésithérapeute et s’intéresse à la respiration dans le cadre de ses recherches. Il est fasciné par les capacités respiratoires de Shri Mahesh.

Commence alors un long travail de présentation et de démonstration des bienfaits du Hatha Yoga traditionnel, favorisant les observations et les rapports médicaux, afin de donner de la crédibilité à la discipline.
Shri Mahesh collabora également avec le docteur Baumann de l’Institut de recherche suisse et se prêta aux observations du professeur Niels en Suède. Jean Filliozat, médecin, deviendra un ami fidèle et un soutien indéfectible.
Satisfaisait aux attentes de preuves scientifiques de l’Occident, sa ligne est toujours restée claire et constante jusqu’à son décès en août 2007 : « Je m’attacherai à maintenir l’esprit du yoga dans sa tradition (…) je tiens absolument à éliminer du yoga toute notion de gymnastique. »

La pratique du yoga : du préventif au curatif

Le mot hygiène dérive du nom de la déesse grecque Hygie. L’idée de prendre des mesures pour prévenir les maux du corps n’est pas nouvelle, mais elle a fluctué au cours des civilisations.
De nos jours, la médecine continue à évoluer avec la recherche et la demande sociétale. Alors que toute la formation médicale initiale est encore centrée sur le curatif, la pratique quotidienne amène de plus en plus les généralistes à valoriser le préventif : repérage des conduites à risque, recherche de facteurs de risque, conseils d’ hygiène alimentaire ou d’hygiène de vie.
Malgré cette évolution, les patients n’associent pas médecine occidentale et préventif et vont plutôt chercher du côté des médecines douces, pour prévenir les maladies et autres dérèglements.

En France, quelques médecins se sont intéressés au yoga. Étant les seuls à être légalement autorisés à intervenir sur les maladies, ce sont eux qui ont popularisé le yoga-thérapie qui connaît un bel essor depuis le début des années 2010. Si une pratique du yoga permet de se prémunir de nombreuses maladies, sa pratique peut aujourd’hui officiellement aussi guérir certains troubles.

The science of yoga. The risks and the rewards écrit par William J. Broad et publié en 2012, est un énorme travail de recensement à l’échelle mondiale des études menées sur les effets du yoga par les centres de recherche, les hôpitaux et les scientifiques.
Le yoga agit positivement sur le stress et le sommeil, sur l’immunité et sur l’hypertension. Les postures qui mobilisent le nerf vague aident à prévenir les maladies inflammatoires. Le yoga apporte des bénéfices pour les personnes atteintes de dépression ou d’anxiété, notamment en diminuant leur taux de cortisol (l’hormone sécrétée par les glandes surrénales).

Yoga et cancer

La Ligue contre le cancer s’intéresse de près au yoga. Plusieurs Ligues proposent de découvrir le yoga sur 6 séances.
Comme toutes les maladies, l
e cancer rend vulnérable ; mais, même sur une courte durée, le yoga aide le malade, comme un adjuvant au traitement médical, d’autant plus que, bien encadré, le yoga peut être pratiqué dans presque toutes les conditions physiques et sa pratique peut même être débutée pendant les soins.
Une étude a concerné 163 femmes traitées par radiothérapie pour un cancer du sein. Elles étaient réparties en 3 groupes : un groupe pratiquant une heure de yoga trois fois par semaine, un deuxième le stretching de la même façon, et un troisième aucune activité. 6 mois après la fin du traitement, seules les femmes pratiquant le yoga ont témoigné d’une amélioration sensible de leur état général. Les patientes qui avaient pratiqué le stretching s’estimaient seulement « moins fatiguées ».

Par le travail sur l’ancrage, le yoga redonne une stabilité et une assurance perdues avec la maladie, une conscience de soi au-delà de la maladie et des traitements. Alors que la souffrance conduit à la fermeture de l’esprit dans le corps, le yoga conduit à retrouver une ouverture. Le corps se détasse et se redresse.
A travers les mouvements, le yoga améliore l’estime de soi, redonne bel et bien confiance, présence et énergie, qui permettent de dépasser douleurs et souffrances.
Le yoga, par le travail de conscience portée sur le souffle, invite le malade à accepter le changement induit par la maladie, en faisant comprendre qu’au-delà du perpétuel changement dans l’homme et dans l’univers, il existe en soi un espace immuable et stable.

Commencer le yoga au pied du mur ou ne pas attendre ?

Le yoga agit sur le stress et l'hypertensionLes médias ont encore souvent tendance à aborder le yoga à travers une expérience de maladie ou d’accident dans laquelle le yoga va intervenir quasi miraculeusement, permettant à la personne d’évoluer positivement alors que la médecine était pessimiste, voire impuissante. C’est le cas avec le documentaire Breathe-Un souffle de liberté.

Le parcours de Mark Bertolini, directeur général d’Aetna, suit ce cheminement : il a découvert le yoga suite à un grave accident de ski. Sauvé, il souhaite promouvoir cette discipline auprès de ses employés. Après avoir levé des réticences internes, il met en place des cours de yoga pour ses employés et des cours de méditation pour ses cadres. 13 000 personnes (plus du quart du personnel) participent à ces cours et témoignent d’une amélioration de leur état de stress, de leurs douleurs, ou de leur sommeil. Elles sont plus présentes, plus posées et plus agréables. Leur efficacité et leur productivité augmentent.

L’introduction des pratiques de bien-être au bureau sont fréquentes dans les grands groupes américains : elle fait écho à l’intérêt croissant des Américains pour les disciplines classées dans le domaine du bien-être. En 2016, 21 millions d’Américains pratiquent le yoga, 2 fois plus qu’il y a 10 ans, soit 6 % de la population totale.

Cette tendance positive se propage aujourd’hui en France, aussi bien dans la sphère privée que dans la sphère du travail. Alors, si ce n’est pas encore fait, n’attendez plus pour commencer à pratiquer le yoga ! 🙂