La psychologie de la posture

La psychologie de la posture de yoga

La psychologie du yoga est dissimulée par le succès du yoga postural qui met davantage en avant le travail du corps que celui de l’esprit. Le yoga postural consiste pourtant en un ensemble d’exercices conçus à partir d’une compréhension très fine des processus mentaux, restés inchangés depuis cette période lointaine où est né le yoga.

« Le yoga est l’arrêt de l’activité automatique du mental » : Françoise Mazet traduit ainsi les premières lignes de l’un des textes fondamentaux consacrés à la pratique du yoga, les Yogasutra de Patanjali. Ces automatismes, ce sont nos peurs ancestrales, nos réflexes de fuite et de défense, nos biais cognitifs, etc.

La psychologie du yoga : une approche détaillée

Prendre le contrôle de soi n’est possible que si l’on comprend comment « cela » fonctionne.
Un texte important du yoga, la Katha Upanishad, dans lequel le mot « yoga » serait apparu pour la première fois, utilise une métaphore pour faire comprendre notre rapport au monde et la façon dont nous pouvons être le jouet des événements extérieurs. Cette métaphore définit différents concepts qui trouvent écho dans notre psychologie moderne.
Cela se formule ainsi : « Apprends que l’âme (jivatman) est le passager du char, le corps est le char, la conscience (buddhi) est le cocher, et la pensée (manas), ce sont les rênes, les sens (indriya) sont les chevaux, et les objets des sens, la nourriture qu’ils broutent. »

Un yoga et plusieurs voies

Il existe 4 voies principales du yoga : le Karma Yoga, le Bhakti Yoga, le Jnana Yoga et le Raja Yoga. Si toutes ces voies conduisent au même but (développer les potentialités de l’être humain pour qu’il atteigne le plus haut degré d’existence), chacune d’elle propose un cheminement adapté à la personnalité du pratiquant, afin de donner à chacun le maximum de possibilités d’atteindre le but.
Le Karma Yoga est ainsi adapté aux personnes dont la vie est tournée vers l’action, le Bhakti Yoga aux personnes émotionnelles et le Jnana Yoga aux personnes pour qui le raisonnement est essentiel. Le Raja Yoga, lui, rassemble les 3 voies précédentes dans la pratique des postures.

Comprendre ce qui ne change pas

Parmi les thématiques abordées par la psychologie du yoga, il y a l’ego. Les différents exercices du yoga amènent le pratiquant à comprendre comment s’articule sa personne au monde extérieur afin de ne plus se laisser diriger par les événements extérieurs.
Le yoga est une discipline conduisant à distinguer ce qui change de ce qui ne change pas, connaissance grâce à laquelle le pratiquant peut progresser vers la stabilité du fonctionnement mental. Cette approche entre ne résonnance avec l’ataraxie des stoïciens.

Je suis très intéressée par la façon dont l’Occident chemine et rejoint la psychologie du yoga. Parmi les recherches récentes qui concerne l’ego, par exemple, Lionel Naccache confirme ce que disent les textes du yoga dans son ouvrage Perdons-nous connaissance ? Il y dit clairement que « Je » est une fiction.

Le point de vue scientifique

Au fil des expériences et des études, les neurosciences identifient les automatismes à l’œuvre dans nos pensées, nos émotions et nos actions quotidiennes.
Le yoga conduit à la compréhension du fonctionnement humain par l’expérience (« Le yoga est l’arrêt de l’activité automatique du mental »). Et cela commence par la maîtrise du souffle (je vous invite à télécharger mon ebook dédié au sujet).

Les Indiens qui ont contribué à diffuser le yoga en Occident se sont naturellement adressés aux scientifiques, comprenant qu’il s’agissait du meilleur moyen de convaincre les Occidentaux des bienfaits de cette pratique. Les expériences et les études sur les yogis ont débuté dans les années 70.
Plus de 50 ans après, la médecine n’a pas fini de faire le tour de cette pratique. Citons en exemple un mémoire canadien de 2014 sur l’usage du yoga en soins palliatifs ou encore une étude de 2006 sur l’usage du yoga comme complément thérapeutique aux personnes soignés pour un cancer. Le yoga agit puissamment en amenant la personne à reconsidérer sa propre personne, sa condition et son environnement, ce qui la renforce et lui apporte sérénité dans l’instant présent.

Les techniques psychosomatiques se diffusant dans le milieu médical, les hôpitaux en viennent à considérer le yoga comme un outil de prise en charge des patients à part entière.

Évidemment cette médicalisation du yoga peut déplaire. Nous nous éloignons des propos originaux du yoga comme technique d’évolution spirituelle. Mais cette approche ne concerne pas tout le monde, et si le yoga peut introduire des choses positives dans ce monde, que ce soit en terme de mieux-être, de bien-être, d’amélioration de la santé, on ne peut que s’en réjouir. Le reste est toujours disponible à tous ceux qui aspirent à des dimensions plus profondes !

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J’essaie de comprendre du mieux que je peux les approches traditionnelles, notamment en lisant les travaux de chercheurs et universitaires. Je suis prudente avec les maîtres indiens car ils n’ont pas la même approche que nous. L’impression d’uniformité culturelle induite par la mondialisation peut facilement nous faire oublier qu’il existe d’autres approches du monde que la nôtre. Et que lorsqu’un Indien dit une chose, il a un bagage culturel qui implique de le comprendre différemment de la façon dont on peut spontanément l’entendre en Occident. Un voyage en Inde permet de saisir cette épaisseur. Un travail critique est donc essentiel pour valoriser leur pensée.

Je propose une pratique à mon image, comme tous les professeurs de yoga. Or, comme je suis passionnée de psychologie, je valorise ces dimensions dans ma pratique. J’utilise plus particulièrement l’ennéagramme qui, en tant que syncrétisme d’approches spirituelles diverses, se marie à merveille avec le yoga. Si tout cela vous intéresse, je vous invite à vous abonner à ma chaîne Youtube !