Savasana, la posture yogique du cadavre : plus qu’une simple posture de relaxation.

La posture du cadavre, connue sous le nom de Savasana en sanskrit, est une posture de relaxation en yoga. Elle vise à détendre le corps et l’esprit. C’est souvent la posture finale d’une séance de yoga qui permet non seulement d’équilibrer les énergies mobilisées lors du travail postural qui a précédé mais aussi d’induire un état de relaxation. Lors des séances de fin de journée, elle constitue un moment souvent attendu des élèves. Mais en dehors de cela, on fait peu de cas de cette posture. Cet article veut insister sur des aspects souvent peu évoqués.


La posture en détails

L’exécution de Savasana est simple. Il suffit de s’allonger sur le dos mais pas n’importe comment. Il faut être attentif à assurer un confort complet, en particulier si la posture est maintenue dans l’immobilité le temps d’un yoga nidra par exemple.


La répartition du corps doit être équilibrée, de chaque côté de l’axe central imaginaire. La tête repose la nuque légèrement allongée, selon les possibilités naturelles. Il faut éviter qu’elle bascule d’un côté ou d’un autre. Le contact avec le sol doit être confortable. Il faut la placer sur une très fine surépaisseur si cela ne l’est pas. Les jambes sont étendues et légèrement écartées. Il arrive que certaines personnes ressentent une gêne dans le bas du dos. La surélévation des genoux par un support peut alors résoudre le problème. Les bras reposent sur le sol, légèrement écartés du corps, paumes tournées vers le ciel si c’est possible et confortable. Ce mouvement léger agit sur les épaules et élargit le contact du dos sur le sol. Mais dans certains cas, les personnes peuvent aussi poser les mains sur le ventre (bas du ventre, nombril ou haut du ventre, selon leurs sensations).


Il faut aussi veiller à éliminer les surépaisseurs de vêtements ou les plis de serviette qui peuvent à la longue créer une gêne. Selon la durée, les conditions de température de la pièce et votre propre frilosité, vous pouvez vous revêtir d’une couverture en essayant qu’elle ne touche pas vos mains.


Fermez les yeux. Vous pouvez soupirer une ou deux fois pour aider le corps à se relâcher. Conservez l’attention sur le corps. Cette pose aide à réduire le stress, la fatigue, et améliore la circulation sanguine. Elle peut également aider à améliorer la concentration et la clarté mentale. Savasana invite aussi à explorer un état de neutralité bienheureuse, éloigné des réactions habituelles et des émotions perturbatrices. En dehors du contexte seul de la mort, cette posture peut aussi symboliser l’acceptation de l’impermanence du monde, en lien avec la tradition bouddhiste.


Les personnes qui s’endorment facilement doit faire un effort pour rester éveillé. Sur une durée de 10-20 minutes, l’enjeu est d’accompagner le lâcher-prise par une rotation de la conscience dans les différentes parties du corps. Sur une durée un peu plus importante (à partir de 30 minutes), car l’enjeu est de parvenir à s’installer dans un état de conscience modifiée, dans lequel les limites normalement perçues de l’image corporelle se dissolvent.


Savasana et la mort

Savasana s’inscrit dans un contexte culturel qui croit dans le cycle des réincarnations, connu sous le nom de samsara. Cette posture peut alors faire vivre une expérience de « mort » symbolique qui marque le fait que l’on se débarrasse des anciennes façons de penser et d’agir, ouvrant la possibilité d’une sorte de renaissance spirituelle. Cette posture fait écho à un rituel tantrique appelé Shava Sadhana, où le pratiquant médite, assis sur un cadavre (récent et non dégradé). Ce rituel est considéré comme l’un des rituels les plus importants, difficiles et secrets du Tantra, visant à effacer la peur de la mort de l’esprit du pratiquant.


La pratique de Savasana peut aussi être vue comme une préparation à la mort, une manière de mieux intégrer le processus de mourir comme partie intégrante de la vie spirituelle. Cette anticipation de la mort contribue significativement à la qualité de la vie d’un individu. La pratique de Savasana peut être vécue comme une méditation sur la mort, conduisant les pratiquants à se confronter à la fragilité de la vie humaine.

En Occident, la confrontation à la mort comme démarche permettant de vivre plus pleinement est présente dans diverses traditions. Les philosophes stoïciens comme Sénèque et Épictète encourageaient l’examen régulier de la mort pour mieux apprécier la vie et maintenir une perspective équilibrée face aux défis quotidiens. L’existentialisme, représenté par des penseurs comme Søren Kierkegaard et Jean-Paul Sartre, explore souvent l’angoisse existentielle découlant de la conscience de la mortalité.


Je suis Laetitia, prof de yoga & coach ennéagramme. Jour après jour, je développe une pratique qui nourrit le lien corps-esprit.

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