Quel style de yoga choisir ?

Votre médecin, un/une ami/e vous a conseillé de débuter le yoga ? Vous êtes curieux de découvrir cette discipline dont on parle tant ? Peut-être même vous sentez-vous au bord de l’épuisement dans la vie quotidienne et vous pensez qu’il est grand temps de réagir ?

Mais voilà… vous êtes perdu. Il y a tellement d’appellations : hatha yoga, viniyoga, vinyasa yoga, ashtanga yoga… La tête peut tourner ! Parfois, le professeur ou l’association a choisi le silence : c’est un cours de « yoga » tout court qui est proposé.

Pour choisir, attention si vous suivez les conseils d’amis ou de membres de la famille : l’expérience qu’ils vous décrivent peut être éloignée de votre vécu si vous avez des personnalités éloignées. Pour choisir votre style de yoga, partez de vos besoins !

Quel sont vos besoins ?

De nombreux pragmatiques choisissent le cours le plus près de chez eux, critère efficace qui va à l’économie de temps et de fatigue. Si vous ne faites pas partie de ceux-là, que recherchez-vous ?

La sensation d’un corps qui travaille physiquement, vous voulez sentir votre cœur battre dans votre poitrine, suer, agir sur l’esthétique de votre corps ?
La détente, sans que l’on vous « bassine » avec des concepts que vous jugez ésotériques ?
Vous voulez que le lieu des cours soit sympa, tendance, bien décoré, avec des vapeurs d’encens et de la petit musique d’ambiance ?
Vous voulez une pratique qui intègre des dimensions qui dépassent la seule approche physique, mais sans aller jusqu’au spirituel ?

Dans tous les cas, allez essayer un cours ! Cela contribuera à affiner vos attentes. Prenez conscience de votre ressenti et analysez : ça vous a plus ou pas, pourquoi, etc.

La formation du professeur

Un professeur formé ne manque généralement pas de le faire savoir. En ce qui me concerne, vous pouvez aller faire un tour sur cette page.
La formation peut être de longue durée (généralement entre 3 et 4 ans), effectuée dans le cadre d’une « fédération française », ou être « intensive » en Inde, par exemple, 200 h réparties sur un mois. On trouve également des professeurs qui affichent une longue pratique sans formation particulière.

Il y a des formations un peu plus « institutionnelles » que d’autres, avec un numéro d’organisme de formation qui ne vaut pas agrément par l’État. Mais aucune n’est finalement plus officielle qu’une autre. Certains jugeront bien sûr qu’il y en a de plus sérieuses que d’autres, mais le public néophyte n’a pas les critères pour en juger.

Les formations de professeur de yoga constituent en elles-mêmes un dédale. Il n’existe aucun titre inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles ou certificat de qualification professionnelle (CQP). À titre de comparaison, la formation à la pratique du shiatsu, inscrite sur la liste européenne des 8 « médecines non conventionnelle digne d’intérêt », bénéficie depuis 2015, d’une reconnaissance de niveau III (code NSF : 330). Les effets positifs physiques et psychiques du yoga sont de plus en plus reconnus par les milieux médicaux. Alors pourquoi pas une évolution dans la reconnaissance de la formation ?

La personnalité du professeur

L’enseignant de yoga peut être une personne à la retraite, inscrite dans un désir de transmission, bénévole ou cherchant un complément de revenus.
Il peut être une personne en reconversion professionnelle (généralement aux alentours de 40-50 ans).
Il peut aussi s’agir d’une personne qui a décidé de faire du bien-être son activité principale. Le yoga occupera alors une part variable de son activité globale et des formations connexes ou complémentaires peuvent compléter l’activité de professeur.
Ces différentes situations, combinées au déroulement des cours dans un cadre associatif ou non, avec accès ou non à des salles municipales gratuites, amènent à des pratiques tarifaires très variées.

Comme pour n’importe quelle matière enseignée (c’est la même chose pour les professeurs dans les écoles, collèges, lycées ou universités), d’un côté, la formation peut garantir un bagage minimum nécessaire pour se prévaloir d’être enseignant, mais de l’autre, différents critères vont influencer le déroulement du cours : la personnalité, l’approche, le travail personnel, le « relationnel« , la méthode (comme le fait de séparer ou non les débutants des élèves plus anciens), l’intégration d’aspects psychologiques ou spirituels au cours…

C’est à tout cela que vous allez vous confronter en allant à un cours d’essai, qui sera gratuit ou payant.

Les effets du yoga, même à un niveau débutant

Ce que vous pouvez attendre d’un cours hebdomadaire c’est notamment :

  • une meilleure compréhension de votre corps qui ouvre les portes de la souplesse physique
  • une meilleure compréhension du fonctionnement de votre psychisme (à condition que le professeur vous guide dans ce sens) qui ouvre les portes de la concentration et de la souplesse psychique
  • le développement de l’attention à soi qui contribue à prévenir les épisodes dépressifs et les mécanismes de burn-out
  • une meilleure maîtrise de la respiration qui ouvre les portes du lâcher-prise, de la réduction du stress, de l’amélioration du sommeil

Quelques formes de yoga

Yoga et marketing

Même en tant que professeur, on se perd dans tous les styles de yoga. Mais après tout, c’est plutôt en cohérence avec le pays dit des « 30 000 dieux » :). Il y a des styles faisant référence aux origines du yoga, tandis que d’autres mettent en avant une adaptation aux corps occidentaux, certains styles sont estampillés du nom d’un maître indien et d’autres du nom d’une personnalité occidentale.

Les initiés fulminent contre l’inflation marketing qui crée des pratiques qui s’appellent « yoga » sans en être véritablement. Le yoga en souffre-t-il ? Son histoire passée est déjà faite d’oubli. Le yoga saura survivre à ces nouveaux aléas.
Je fais partie de ces professeurs qui se réclament d’un yoga « traditionnel » parce que la Fédération où je me suis formée indique « avoir été fondée en 1968 par Mahalingappa Ghatradyal (Shri Mahesh) pour promouvoir le yoga en France dans son esprit traditionnel ». D’autres formes de yoga se réclament aussi de la tradition. Tant et si bien que j’en suis venue à réfléchir à cette notion. Si ça vous intéresse, vous pouvez lire mon article Tradition dans le yoga et place de l’authenticité dans la pratique.

Hatha Yoga

Le Hatha yoga est le yoga de l’effort. Les premiers cours de yoga en France datent de 1936, conduits par Constant Kerneiz (1880-1960). L’appellation « Hatha yoga » regroupe elle-même différentes approches.

Parmi elles, il y a le Viniyoga, d’une école issue de l’enseignement de Sri Krishnamacharia et développée par T.D.V. Desikachar à Madras. La base de l’approche est ainsi formulée : « Ce n’est pas la personne qui doit s’adapter au Yoga mais le Yoga qui doit être ajusté à chaque personne ». L’accent est mis sur la coordination du souffle et du mouvement. Les cours sont composés de postures répétées dans le mouvement et de postures statiques.

L’enseignement du yoga selon B.K.S. Iyengar, précis et rigoureux, se caractérise par l’attention portée sur l’alignement des différentes parties du corps dans l’espace, l’organisation des postures en séquences, l’emploi de supports (sangles, briques, couvertures, chaises, cordes…).

Le yoga que je pratique consiste à travailler la respiration afin de réussir à s’immobiliser dans la posture. L’école est issue de l’enseignement de Sri Ghatradyal Mahesh qui démarre à Paris en 1947 les cours.

Ashtanga Vinyasa Yoga

C’est une école de yoga physique et dynamique développée par Sri K.Pattabhi Jois. Elle s’inscrit dans la tradition initiée par Sri Krishnamacharya dans les années 1930 à Mysore. Par sa dimension très dynamique, ce yoga s’est concentrée sur les aspects gymniques avec le Power-Yoga ou dansés avec le Vinyasa Yoga.

Natha Yoga

Le terme « natha » évoque le lien avec une tradition shivaïque.

La présentation du Natha Yoga énumère les postures, la relaxation, la respiration, les mudra et bandha, les visualisations, la concentration sur les figures géométriques, les mantra, la concentration et la méditation, les applications thérapeutiques, les rituels, et le yoga du feu. Tous ces aspects sont présents dans tous les yogas, mais les cours proposés au public ne les abordent que rarement. De ce fait, une formation initiale de professeur de yoga ne les abordera pas non plus, mais le seront dans le cadre d’une formation continue, selon la logique dans laquelle s’inscrit l’enseignant. La maîtrise de tous ces aspects nécessite de dédier sa vie au yoga.

Kundalini Yoga

Ce style se présente comme « une technologie holistique puissante qui travaille sur les différents plans de l’être à partir de séries utilisant le souffle, le rythme, des postures dynamiques ou statiques, le son (sous forme de mantras), la relaxation et la méditation ». Cette énumération est un peu moins complète que celle du Natha Yoga.

C’est le maître Yogi Bhajan qui a introduit ce yoga en 1969 aux États-Unis. La Kundalini désigne l’énergie vitale et est synonyme de Prana. Là encore, il ne s’agit donc ni plus ni moins que de yoga au sens large. Toutes les formes sérieuses de yoga vise à équilibrer l’être humain sur ses différents plans physiques, psychiques et spirituels, mais le focus est ici mis sur un aspect peut-être un peu plus ésotérique. C’est en tout cas un yoga réputé être puissant et apporté des sensations qui peuvent parfois faire peur pour notre culture. Il faut donc posséder des bases équilibrées pour se confronter à ce yoga aux pratiques parfois extrêmes.