Yoga postural : L’art de « défaire » plutôt que de « faire ».

Le yoga est souvent perçu comme une série de postures ou asanas à « réussir » ou à « accomplir », renforçant ainsi l’idée que la pratique est avant tout une question de « faire ». Cependant, une compréhension plus profonde du yoga nous révèle que la véritable essence de la pratique repose davantage sur l’art de « défaire ». Cet article explore cette notion subtile mais profonde et pourquoi elle est cruciale pour une pratique du yoga authentique et bénéfique.


La culture de la performance : le piège du « faire ».

Omniprésence du modèle.

La culture de la performance est aujourd’hui reine. Tout le monde ne s’y reconnaît pas, mais elle s’est imposée dans le jeu de la société et peut nous entraîner malgré nous. De l’éducation à la vie professionnelle, en passant par les relations et même la santé, le message sous-jacent est souvent que notre valeur réside dans notre capacité à « faire » et à « réussir ». Nous sommes constamment mesurés, évalués et classés en fonction de nos accomplissements, créant ainsi une pression incessante pour en faire toujours plus.


On s'éloigne de l'essentiel.

Or, cet angle de vue ne se limite pas aux domaines traditionnellement associés à la performance, comme le travail ou l’éducation. Elle s’infiltre également dans nos pratiques de bien-être, où le but devrait théoriquement être le contraire : trouver la paix, l’équilibre et le contentement. Dans le monde du yoga, par exemple, il n’est pas rare de voir des pratiquants chercher à maîtriser des postures de plus en plus complexes, à utiliser des applications pour suivre leur « progrès », ou à se comparer aux autres sur les réseaux sociaux. La quête spirituelle et introspective du yoga, qui anime à la base cette pratique, peut alors se transformer en une liste de « choses à faire » sans fin, dont les cases se cochent au fur et à mesure du cheminement, comme une évaluation de sa vie… Il fallait y penser ! Et après, on est surpris que la dépression flambe !


Et ce n'est pas sans conséquences.

Car cette approche orientée vers le « faire » peut avoir des conséquences néfastes sur notre bien-être global. Physiquement, elle peut conduire à des blessures dues à une pratique forcée ou compétitive. Émotionnellement, elle peut créer du stress, de l’anxiété, et une faible estime de soi si nous ne répondons pas aux normes auto-imposées ou sociétales de « réussite ». Spirituellement, elle peut nous éloigner de l’objectif premier du yoga, qui est de trouver l’union entre le corps, l’esprit et l’âme, de trouver sa propre voie.


Du « faire » à l’ « être » : un discours convenu ?

Normalement, la pratique authentique du yoga offre un antidote à cette culture de la performance. Au lieu de se concentrer sur l’extérieur et les réalisations, le yoga nous invite à tourner notre attention vers l’intérieur. C’est loin d’être facile compte tenu du contexte ! Il nous encourage à pratiquer le « non-faire », à accueillir le moment présent et à trouver de la valeur dans l’expérience elle-même, plutôt que dans les résultats. Cette approche peut être libératrice, nous offrant un espace pour nous déconnecter de la frénésie du « faire » et pour entrer dans un état de pure « être ».


Viser l’accomplissement et non le « faire ».

En déplaçant notre focalisation du « faire » vers l' »être », nous ouvrons la porte à une dimension plus profonde de bien-être et de réalisation personnelle. Cette transition n’est pas seulement bénéfique pour notre pratique du yoga, mais elle peut aussi avoir un impact significatif sur tous les aspects de notre vie, nous permettant de vivre de manière plus authentique, consciente et, en fin de compte, plus épanouissante. Pour ceux qui connaissent la pyramide de Maslow (si ce n’est pas le cas, lisez cet article), le « faire » peut bien concerner les étages du bas, mais finalement, dans les étages du dessus, c’est bien plus que cela. On se dégage du matériel pour atteindre le spirituel. Mais il est vrai que ce déploiement prend du temps et si théoriquement, tout le monde peut y prétendre, il y a en réalité peu d’élus.


« Défaire » : un concept ancré dans la philosophie du yoga.

En yoga, la perfection n'existe pas.

La philosophie du yoga nous enseigne l’importance de l’observation et de la conscience, de la connexion au souffle et à l’essence même de notre être. « Défaire » en yoga, c’est aller à l’encontre de notre tendance à forcer ou à chercher la perfection dans les postures. C’est prendre le temps de se désidentifier de nos actions et de nos résultats pour trouver un espace de conscience pure où la transformation peut se produire. C’est une autre façon de dire qu’on va lâcher notre ego qui est tout de même utile pour assurer notre survie dans ce monde, mais qui arrive parfois à nous emmener bien loin du meilleur de nous.


Le rôle du lâcher-prise.

Le lâcher-prise est l’élément central de l’art de « défaire ». On n’arrête pas d’en entendre parler dans les médias et ailleurs, et je n’y fais pas exception (lire mon article sur le sujet). Mais il n’est pas toujours bien compris. Il ne s’agit pas d’abandonner ou de négliger l’effort, mais plutôt de comprendre quand et comment relâcher la tension, que ce soit physique, émotionnelle ou mentale. Parce qu’on ne peut pas être toujours à fond. On n’est pas des dieux, si je puis dire. Ce relâchement permet justement à notre énergie vitale, ou prana, de circuler plus librement et d’alimenter notre bien-être à tous les niveaux. Concrètement, on ne peut pas tout contrôler et il y a des opportunités que la vie nous offre et auxquelles on ne pensait pas, seulement si l’on sait s’ouvrir à elles, leur sourire.


Et moins concrètement, pour les plus ambitieux, la fusion avec le Tout implique de laisser son ego derrière soi. Dans ces hautes sphères, la performance n’a pas sa place. Les textes anciens disaient justement que les pouvoirs que l’on obtenait avec certaines pratiques détournaient du but. Car lorsqu’on est Tout, on n’est plus rien…

Mais revenons à des considérations plus proche des besoins quotidiens…


Les bénéfices du « défaire »

Pour les êtres modestes et humbles que nous sommes, nous pouvons déjà beaucoup recevoir d’une pratique orientée vers le « défaire » :


  • Réduction du stress : Le fait de « défaire » plutôt que de « faire » nous aide à quitter le mode « combat ou fuite » pour entrer dans un état de relaxation profonde,
  • Amélioration de la conscience corporelle : En nous détachant du besoin de « réussir » une posture, nous devenons plus attentifs aux signaux subtils de notre corps, aux couches dites subtiles de notre être,
  • Développement de la pleine conscience : Cet état de non-faire favorise une attention concentrée et une présence à l’instant, ce qui est la base de la pleine conscience.


L’art de « défaire » en yoga n’est pas un rejet de l’action, mais plutôt une invitation à équilibrer notre besoin naturel de faire avec l’importance souvent négligée de la non-action. C’est dans cet espace sacré de « défaire » que nous trouvons l’équilibre, l’harmonie et la possibilité de nous connecter avec notre véritable nature, bien loin de l’ego.


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